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Dialogues d’ailleurs et d’ici

Projet d’écriture 2016-2017.
Les élèves de la seconde 4 du lycée Victor Hugo à Marseille ont interrogé leurs mères. Elles leur ont raconté leur vie, leur départ, leur voyage, leur arrivée.
Les élèves se sont documentés sur leurs berceaux familiaux, l’histoire des pays d’origine, sur Marseille, avec leurs enseignants de physique, de français, d’histoire et une historienne du CNRS.
Voici leurs écrits, leurs sténopés de Marseille, leurs photos, leurs cartes… les souvenirs recueillis.

Mehdi Ayari

Récréation des règlements de compte
Récréation où on peut manger
Récréation où on s’amuse tout le temps
Récréation tu m’appelles avec ta sonnerie
Récréation avec ta liberté
Récréation avec tes grandes cours
Récréation enfin la joie
Récréation tu nous fais profiter de notre vie
Récréation où on peut s’aimer

Un jour ils sont arrivés par centaines
Le ventre affamé
En voyant les frontières ils étaient ravis
De partir de leur pays détruit
Ayant des enfants mal nourris
En voyant la marine
Ils ont retrouvé le sourire
Un bateau plein d’immigrés
Qui sont venus de leur plein gré
En voyant un regard de désespoir
J’imagine au fond de moi un peu d’espoir
Celui de la Tunisie et donc celui de la Syrie

Samir Ali Zerrouki

Un jour, je partirai pour l’Algérie
Le pays d’où je suis parti
Entouré de mes proches
Les mains dans les poches
Et quand je reviendrai
Des rêves plein la tête
J’irai jusqu’au bout de cette quête
Je dessinerai sur grande feuille bleue
Le paysage de ces cieux
Là où nos yeux sont orageux
Face à ce pays jamais silencieux
L’Algérie

Les Iris là où personne ne se fait la bise
Les Iris là où la délinquance est permise
Les Iris là où la richesse n’est pas banale
Les Iris là où on ne sait plus ce qui est mal
Les Iris là où la vue n’est pas sur la mer
Les Iris là où la vie c’est la misère

M’madi Zaïd

Les Iris plein de travaux autour
Les Iris plein de tours
Les Iris où les petits traînent tard
Les Iris où il y a beaucoup de fêtards
Les Iris où les grands sont en survêt
Les Iris où pour avoir des sous les jeunes guettent
Les Iris où les petits jouent les bandits
Les Iris où des amis d’enfance perdent la vie

Une eau bleue comme le ciel
Un sable chaud toute l’année
Des bateaux pour naviguer
Une femme qui va se marier
Une femme qui veut s’évader
Une femme qui aura des enfants à élever
Et une famille à porter
Un départ tant rêvé
Pour une vie améliorée
Tout quitter sans savoir où arriver
La France pays où elle s’est installée

Mohamed Boucif

La guerre a commencé
Plus personne ne voulait abandonner
Tout le monde ripostait
Et se faisait tuer
Ils étaient tous traumatisés
Personne n’arrêtait
Une guerre inexpliquée
Un massacre un massacre
Ce monde comment le changer

Une nuit d’été
Un orage a éclaté
Sur un arbre qui était
Sur une place au milieu de nulle part
Il s’était abaissé
Il s’était abîmé
Je voulais l’aborder
Mais il préférait rester
Abandonné au milieu de nulle part
Je l’ai relevé
Il a accepté
Et je l’ai aimé
Au milieu de nulle part

Adame Naib

Avec le temps la roue ne fonctionne plus.
Avec le temps le ciel s’assombrit
Avec le temps il n’y a plus de gens sur la place
Avec le temps la nature reprend sa place
Avec le temps les bateaux sont à la casse
Avec le temps la terre n’est plus vivable
Et elle a mal.

Un village où la vie n’est pas un fardeau.
Un village où l’été il fait beau.
Un village où les inconnus sont les bienvenus
Un village où les retraités finissent leur vie
Un village où les anciens ont leur tombeau
Ce village est le village de mes ancêtres
Le Maroc et le Khemis Zemamra
Mon pays et mon village.

Ayman Fradj

Belle De Mai où les alimentations sont en avant
Belle De Mai qui existe depuis longtemps
Belle De Mai qui sort de tous les côtés
Belle De Mai qui abrite arabes africains et japonais
Belle De Mai juste à côté de la Friche
Belle De Mai pour y habiter pas besoin d’être riche
Belle De Mai proche du cours d’arabe
Belle De Mai pas besoin de chercher pour trouver un
kebab
Belle De Mai où les voyous font des affaires
Belle De Mai où même les mamans te mettent à terre

Un jour j’irai en Algérie
Sidi Bel Abbes c’est mon pays
Là où ma famille vit
Ce grand pays où tout le monde rit
Surfant sur le sable ardent
Grillant sur le soleil brûlant
C’est là où je vivais enfant
J’y croque la vie à pleine dents

Lucas Girardin

Clamart ville pas si connue
Pourtant remplie de faits historiques
De Condorcet à De Gaulle
Beaucoup y sont passés
De l’ancien temps jusqu’à maintenant
Moi aussi j’y suis passée
Car moi j’y suis née
Moi j’y ai étudié
Moi j’y ai passé mon enfance
Et moi j’en suis partie
Et me voilà dans le Midi

La rue Thubaneau pleine d’Histoire
La rue Thubaneau pleine de savoir
La rue Thubaneau sans limite de religions
La rue Thubaneau avec quelques arrestations
La rue Thubaneau avec un peu de verdure
La rue Thubaneau où pour certains la vie est dure
La rue Thubaneau où la drogue se fait sentir
La rue Thubaneau avec quelques loisirs
La rue Thubaneau où des fois la vie ne tient qu’à un fil
La rue Thubaneau en plein milieu de la ville

Rayan Rafei

Maman influencée par le rêve français
S’aventura dans un autre univers que le sien
Influencée par papa
Elle l’accompagna
Quittant sa famille si chère à ses yeux
Plus chère que toutes les richesses françaises
Première fois qu’elle prenait l’avion
Si heureuse
Elle arriva dépaysée pensant à sa mère
Tout en regardant la mer

Soleil ou marché du Soleil
La Tour ou l’herbe domine
Bâtiment du sale et des scooters volés
Odeur d’herbe ou de poubelle
Les rats aux carrures de chats
Le vendredi après-midi en blanc
Le reste du temps les actions en noir

Ilyes Dekhil

La gare où les trains ne reviennent pas.
La gare qui flotte sur l’eau.
La gare et son port à côté
La gare qui ressemble à un quartier
La gare qui fait port à la fois
La gare et son eau trouble
La gare qui crache son métro
C’est la gare de Marseille
C’est la gare Saint-Charles


Un pays de bonheur
Où il y a de la chaleur
Où les émigrés reviennent
Généralement l’été
Ils le quittent avec peine
Quand les vacances sont terminées
C’est l’Algérie
Où tout le monde rit
Un jour j’irai
Un jour je rentrerai

Kamelia Serradj

Le Canet traverse de la mère de dieu
Le Canet place des Etats-Unis
Le Canet parc Scootie
Le Canet et ses montées
Le Canet pendant l’été
Le Canet aux instants fantastiques
Le Canet que l’on aime

Je vous écris de L’Algérie,
Le pays vert rouge et blanc
Le pays des plats orientaux
Le pays des bons souvenirs
Le pays de la fierté

Ines Mahjoubi

Lycée
Lycée
Lycée en noir et blanc
Lycée qui construira mon avenir
Lycée où je m’ennuie
Lycée des rencontres
Lycée de la connaissance
Lycée où je m’amuse pendant la récré
Lycée où en finit tard
Je prends mon cartable et mes affaires
Et je pars

Je vous écris d’un pays lointain.
Le pays du bruit
Le pays de l’odeur du tourisme
Le pays appelé petit territoire
Le pays au goût pimenté
Le pays rouge et blanc

Muammar Cardakli

Mémé t’es née où ?
Je suis née à Istanbul
Mémé t’as toujours vécu à Istanbul ?
Oui depuis que je suis toute petite
Mémé t’es allée à l’école ?
Oui mais j’ai dû arrêter très jeune
Mémé t’as fait quoi après avoir arrêté l’école ?
J’ai commencé à travailler
Mémé tu faisais quoi comme travail ?
Je travaillais dans les champs.

La Simiane là où les petits font les bandits
La Simiane les larmes des daronnes coulent sans cesse
comme la pluie
La Simiane les petits roulent leurs problèmes dans une
feuille pour s’évader
La Simiane certains se lèvent à 6 heure du matin pour
aller travailler
La Simiane certains se lèvent pour voler
La Simiane on rêve des millions et de la villa pour la
maman
La Simiane on fait des sacrifices pour atteindre nos rêves
La Simiane la rue nous a recrutés
La Simiane en poursuivant mon rêve
La rue nous a bernés

Ahmed-Farouk Bouzidi

Un jour je partirai pour un pays lointain
Un pays ensoleillé où bronzé est le teint
Sans me retourner j’irai jusqu’au bout du monde
Entouré de ma famille et du thé à la menthe
Et quand je reviendrai des rêves plein la tête
De la mer bleue du marché des enfants poètes
Je dessinerai sur une grande feuille bleue
Mes souvenirs d’enfance mes rêves de rejoindre Mima
dans les cieux
Et puis l’Algérie c’est un beau pays quand même
En fait l’Algérie c’est un pays qu’on aime.

Pourrais-je un jour quitter la Marine Bleue ?
La Marine bleue et ses fantômes Kaporal
La Marine bleue où les vieux te font la morale
La Marine bleue où il te faudra du courage
La Marine bleue où les jeunes naissent avec la rage
La Marine bleue aussi silencieuse qu’une prison
La Marine bleue l’impression d’être dans une cloison
La Marine bleue où tu t’en sors avec la chanson
La Marine bleue l’odeur du mafé et du poisson
La Marine bleue où les mamans font naître des hommes
La Marine bleue ce n’est peut-être pas beau à voir
Mais c’est mon Royaume

Amin Belkas

Le Maroc le pays qui accueille tout le monde
Où tu vois la mer et la montagne
Où tu sens l’odeur de la campagne
Où tu vois les vaches et les moutons
Où les petits sont dans la misère
Et sèchent les cours pour avoir un salaire
Le Maroc où tous les rêves s’envolent en l’air

Les Rosiers plein de religions
Les Rosiers plein d’ambition
Les Rosiers il y a ceux qui travaillent ou qui charbonnent
Les Rosiers plein de couleurs
Les Rosiers où les petits rêvent d’être footballeurs
Les Rosiers le dimanche tous au stade pour mettre des petits-ponts et oublier la BAC

Mohamed Toyb

Comores où je retourne tous les deux ans
Où mon grand-père et ma grand-mère m’attendent
Îles avec plage
Plage où il y a des cabanes
Cabanes d’où on aperçoit la forêt
Forêt à côté des marais
Petits qui jouent dans la cour
Les parents les surveillent debout
Là-bas un magasin avec des chaussures et habits de marque
Mais le salaire d’un comorien ne suffit pas
Un comorien ne peut pas s’acheter un haut
Un comorien ne peut pas s’acheter des Nike
Un comorien ne peut pas s’acheter de la marque


Je vois deux bonhommes
Par leur grandeur leur force ce sont des hommes
Ils sont dans un couloir où tout est vide
Ou il n’y a que deux âmes qui vivent
Un couloir sombre repoussant qui fait peur
Où les esprits tourmentent la peur
Ce couloir est issu de la gare
Où tout le monde s’entretue et se bagarre
Ce couloir n’est jamais fréquenté
Car des démons et des esprits l’ont hanté

Sofiane Moufok

L’Algérie c’est mon égérie
C’est le pays où je ris
L’Algérie c’est mon bled
C’est là où j’ai appris à Chaed
L’Algérie c’est beau
L’Algérie c’est grand
L’Algérie c’est magique
Les autres pays c’est tragique
L’Algérie le meilleur pour la fin
Ça sera mon pays d’origine jusqu’à la fin

Du haut de ce toit je vois un immense trou noir
Sur lequel je ne peux rien apercevoir
Du haut de ce toit je n’arrive pas à me fixer un objectif
Car pour moi dans ce lieu il n’y a rien de significatif
Du haut de ce toit mon regard se fond dans le noir
Même mes rêves deviennent un brouillard
Du haut de ce toit j’oublie tous mes soucis
Je me sens comme un aigle survolant le pays

Wassila Bouzana

Les musiciens à la fois guerriers sont arrivés un matin
Ce vieil homme qui tenait les rênes
Ces jeunes hommes qui jouaient de la derbouka
Ils avaient des sangles en cuir et des fusils à la main

Ce quartier
Ce quartier où on entend crier à longueur de journée
Ce quartier aux sorties d’école agitées
Ce quartier aux bâtiments hauts
Ce quartier était à l’époque si beau
Ce quartier au centre de Marseille
Ce quartier caché par le soleil
Ce quartier où on aperçoit Notre Dame
Ce quartier où les jeunes rament
Je vous parle de mon quartier le Racati

Yazid Akrour

Marseille
Il y a un homme qui ne bouge pas
Il y a un fond sombre
Il y a des escaliers qui ne mènent nulle part
Il y a des fenêtres fermées
Il y a une lampe qui ne marche pas
Il y a un plafond qui va tomber
Il y a un autre homme immobile
Ce tunnel noir qui inspire la méfiance.

Algérie là où ma mère est née
Algérie là où la mer est bleue
Algérie là où les plages sont pleines
Algérie là où les petits grandissent vite
Algérie là où les réfrigérateurs sont vides

Ghayth Khelifi

Tunisie
Arrivé devant le pont
Le bateau était si immense
Encore en pleine adolescence
Elle allait vers l’indépendance
Des personnes de tous les pays
Etaient présentes ici
En direction de Marseille
Pour une vie meilleure
Pas vu les arbres
Pas vu les routes
Pas vu les risques
Pas vu le compteur
Pas vu la vitesse
Pas vu le danger
Mais vu la mort arriver
Vu mon crâne éclater
Vu ma mère pleurer

Yasmina Amarou

Cet escalier qui nous mène vers ce champ de fleurs
Qui me fait peur
Même s’il est tout coloré de bleu et de doré
Cet escalier qui inspire la sagesse
Me fait sentir la tristesse
Cet escalier plein de verdure
Me rappelle mon amertume
Cet escalier je le regrette
Autant que mon cœur réduit en miettes
Les souvenirs de mon beau pays
Je m’en souviens seulement la nuit
Marie Madeleine où ton odeur ne sent pas la madeleine
Marie Madeleine et ton grand sapin qui pousse au milieu de la cour
Marie Madeleine et ton jardin plein de fleurs
Marie Madeleine quand je rentre chez moi je ne sais jamais l’heure
Marie Madeleine avec ton parking on te surnomme le King

Houzaïmata Ben Mohamed

Félix Pyat qui sous ses airs calmes cache ces vies
Félix Pyat qui subit des perquises
Félix Pyat là où les grands traînent à Bougain
Félix Pyat où les petits veulent ouvrir un terrain
Félix Pyat où la drogue est reine
Félix Pyat où on entend les sirènes
Félix Pyat où petits et grands finissent en garde à vue
Félix Pyat l’endroit où il vaut mieux être discret qu’être vu
Félix Pyat là où la fumée des chichas surplombe le ciel
Félix Pyat là où on évite le soleil pour éviter de se brûler les ailes
Ils sont partis une nuit
Voulant à tout prix retrouver leur pays
Leur île qui avait si longtemps entendu leur rire
Mayotte perdue au fin fond de l’Afrique
Qu’ils avaient dû quitter
A cause de leur constant besoin de liberté

Anissa Souli

Hammamet tous les étés
Hammamet je m’en vais
Hammamet et ma famille
Hammamet pour m’amuser
Hammamet pour rêver
Hammamet pour nager
Hammamet beaucoup de soirées
Hammamet pour manger
Hammamet pour bronzer

Le Massalia avec des amis et des ennemis
Le Massalia où l’on papote entre voisins
Le Massalia où l’on s’amuse beaucoup en été
Le Massalia plein de joie
Le Massalia parfois dangereux

Yahya Gunes

La Maurelette là où j’ai grandi
La Maurelette là où les bandits souffrent
La Maurelette souffrir pour passer l’hiver sous le soleil de Miami
La Maurelette où beaucoup vivent sous le seuil de pauvreté
La Maurelette où la pauvreté est une richesse qui nous apprend
La Maurelette là où les petits grandissent trop vite c’est pour ça qu’ils partent tôt.
La Maurelette là où les grands disent que l’argent fait le bonheur
La Maurelette là où les mamans souffrent et ne sont pas du même avis que leurs enfants
La Maurelette là où le bonheur n ‘est pas d’aller chercher son fils en garde à vue
La Maurelette est une galère où les enfants vendent des barrettes


J’ai arrêté l’école très tôt à l’âge de huit ans pour aider ma mère à travailler dans les champs car mon père était mort. Jusqu’à l’âge de 15 ans je travaillais avec elle puis on a alors voulu me marier avec un riche : on m’a forcée car je ne voulais pas puis je me suis enfuie dans un bateau qui m’a ramenée en Espagne puis en France.
Depuis j’ai fait ma vie.

Housni Andjilani

Je vous écris du bout du monde
Il faut que je vous l’avoue
Souvent les plages sont magnifiques
On recueille parfois la chaleur de cette ville
Elle a un nombre fou de paysages
Mais à quoi bon
Plus rien entre la mer et l’été
Nous nous dispersons
Est-ce que la vie sur cette ville
Ne pouvait pas se poursuivre sans été

Avec le temps la ville se forme
Les tours s’agrandissent
Les endroits sont si beaux
Les bâtiments vieillissent
Avec le temps le mobile est si frêle mais s’obstine
Rend la pierre plus docile que le sable entre les mains
Avec le temps les arbres se couchent dans leur lit
Avec le temps les campagnes deviennent villes
Les bâtiments les tours les villes retournent à l’état naturel

Badis Mekki

Pas vu leur visage
Pas vu le paysage
Pas vu les personnages
Pas cette lueur au-delà
Pas vu le groupe de la Coza
Pas vu K6M lever le Yamaha
Mais vu des bâtiments
Vu un ciel obscurci
Vu ce seul arbre

Ils sont arrivés un matin par dizaines
Sans au revoir pas même de problème
Ils se sont installés et sont devenus une famille
Jusqu’à aimer au plus profond de nos âmes
Enfant Homme et Femme
Tout cela peut devenir une grande histoire
Les douleurs sont là, mais cachées derrière
Il faudrait rentrer à un moment ou un autre
Ils finiraient dans un appartement pour y être désespérés
Elle pleurait toujours son pays perdu

Ahmed Gandal

Arène
Arène
Arène où certains se prélassent
Arène où d’autres se lassent
Arène dans laquelle le temps passe
Arène où dans la culture quelques uns se placent
Arène où dans la paresse d’autres s’entassent
Arène au cycle répétitif et aux jours qui s’abrutissent

Je vous écris d’un pays lointain
Où règne la technologie
Où on mange des sushis
Où les gratte-ciel nous envahissent
Où nuit et jour les lumières jaillissent
Où j’irai par delà les cerisiers

Sabrina Kherrour

La rue nationale aimée par tous les voisins
La rue nationale où habitent tous mes cousins
La rue nationale bruyante
La rue nationale éclatante
La rue nationale suivie d’un grand boulevard
La rue nationale où l’on peut tout avoir
La rue nationale qui nous ambiance
La rue nationale de mon enfance

Un jour je partirai pour l’Algérie
Un grand voyage plein d’émotion et de cris
Sans me retourner j’irai jusqu’au bout du monde
Traverser la mer qui nous apparaît si profonde
Et quand je reviendrai avec des rêves de poète
Le monde de mes souvenirs me heurtera la tête
Je dessinerai sur une grande feuille bleue
Les souvenirs que j’ai vus de mes yeux
Un pays silencieux
Qui briserait tous les cris orageux

Mientxu Deperrois

Autour il y a un grillage il semble de longue date
Il y a des escaliers sombres
Il y a de l’herbe trop longue
Il y a le ciel à la couleur grise
Il y a une équipe de foot qui s’entraîne
Il y a l’entraîneur qui crie à s’en casser la voix,
Il y a l’averse qui tombe

Un jour je partirai pour un pays lointain
Ce pays se nomme les Comores
Un pays qui vaut de l’or
Je partirai pour connaître ses multiples pouvoirs
Au sable fin
A la mer d’un bleu turquoise
Où tout se croise
Ce pays d’Afrique
Où les litchis vous rafraîchissent
Où l’odeur du riz se fait sentir
C’est mon pays
L’Archipel des Comores

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